MIA MIA

MIA MIA

Joindre à “Un Amour de Jeunesse” des qualificatifs, des adjectifs, quels qu’ils soient, semble impossible. Dire ou non que c’est un chef d’oeuvre égratigne la patine, la grâce, le caractère évanescent, éthéré mais durable qui s’en ressent. Affirmer que c’est une merveille ou une catastrophe le pousse inévitablement dans le champs du social dont on voudrait le voir échapper parce qu’un tel film s’adresse directement et intimement à nous.

Il vaudrait donc mieux un peu le raconter, un peu dire ce que le film a chuchoté plutôt que de l’affubler d’un mot qui, d’une plume critique, se transforme toujours en slogan. “Un Amour de Jeunesse” raconte ce que son titre dit. Et ce n’est pas étonnant puisque dans le monde de Mia Hansen Love, les personnages pensent et disent toujours vrai même s’ils aiment se mentir à eux mêmes.

La jeune cinéaste, d’à peine 30 ans, qui vient de signer son troisième film expliquait à l’avant première combien elle avait conscience de sa chance à pouvoir tourner les films qu’elle rêve. “Un Amour de Jeunesse” échappe à la confession thérapeutique qui, par exemple, ruine les louables intentions de My Little Princess d’Eva Ionesco. Mia filme toujours l’essentiel, le temps qui passe, mais sans lourdeur. Elle enregistre les mouvements mais sans précipitations pour comprendre le point de vue de sa timide héroïne que l’on va voir grandir et se transformer.

“Un Amour de Jeunesse” n’est pas donc tant viscéral que senti, éprouvé puis réfléchi. C’est un film qui montre que les choses même essentielles peuvent dépendre de ce que nous voulons et attendons d’elles. Et ici, nous voudrions que le film se murmure un tantinet pour remplir les salles. Bien que nous désirions pour notre égoïsme garder cet amour de jeunesse un peu sur nous et avec nous. Dans notre solitude.