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DIMANCHE 16 MAI 2010
FESTIVAL CANNES 2010
THE CITY BELOW de Christoph Hochhäusler
par NASSERA METMATI
L’instinct primaire de cinéma
Un certain regard rajeunit chaque année de perles qui parfois mériteraient mieux que d’autres films de figurer parmi la sélection officielle cannoise. Déjà présent sur la catégorie pour le film l’Imposteur il y a cinq ans, le cinéaste allemand propose une forme de cinéma rigoureux qui s’affranchit d’une barrière stylistique. The City Below accueille une forme de rondeur, une fraîcheur, une bouffée d’air frais du cinéma allemand.


THE CITY BELOW de Christoph Hochhäusler

Hier Haneke cherchait encore à décortiquer le passé. Hochhäusler regarde le présent. Roland Cordes un puissant directeur de banque dirige son établissement à Francfort en Allemagne. Lors d’un meeting d’art, il rencontre une jeune femme déjà marié à un de ses employés, Svenja. Il fait tout pour se rapprocher d’elle.


Svenja est un personnage flottant et sibylline. Dès leur première rencontre, une attirance foudroyante, imprévisible et inexpliquée attire les deux futurs amants. Pourtant tout les oppose. Roland vit dans un confort luxueux et quasi routinier des grands immeubles de verre de la capitale économique allemande. Natif d’un père banquier, il mène une vie tranquille avec sa femme Claudia dans une belle villa. Svenja elle ne s’intéresse guère au jeu de la finance. Seul sa ville natale de Hamburg semble lui manquer.

Le coeur de la réussite du réalisateur allemand tient à une croyance. Il parvient avec un feeling culotté à nous faire adhérer à la banalité du contraire supérieur, au postulat nihiliste qui nous assure que la plupart des contraires agissent comme des ombres. Non pas comme des obstacles ou des forces négatives, mais comme un moyen de nous ramener dans un réalisme. Un jeu dangereux au final puisque un sentiment de perte animent comme dans cette scène où les deux amants ne savent plus s’ils doivent s’abandonner ou pas et finalement y renoncent.

Pour ce faire, le cinéaste n’a que peu de recours à des truchements de mises en scène; il utilise une géographie naturelle très proprette. Il recourt au verre. Le verre est le reflet d’une illusion de réalité qui évite de reconquérir à d’autres procédés. Un illusion par lequel Haneke trichait dans l’indice; une illusion par lequel Hochhäusler corrompt par l’ image qu’elle renvoit.

Du primitif: le pouvoir et l’amour

Concurrence déloyale, «guerre des protocoles», centre du pouvoir de l’argent, des affaires douteuses, et des mini-scandales étouffés. Le pouvoir est brillamment mis en scène dans une actualité, et non pas en tant que pur exercice de capitalisme, mail il est jumelé à tous les attributs qui forment la plupart de ces travers: cupidité, jalousie, vengeance, manipulations. En somme aux maux qui sont censés faire partie du prisme primitif banni des haut lieux de puissance.

L’amour n’y échappe pas. Roland agit comme un animal à qui la raison et le contrôle dû à son statut et à sa richesse n’aurait plus sa place. Il traque comme un animal affamé les yeux embuées de désir, les sens éveillés jusqu’à épier et suivre Svenja dans les rues de la ville. A son tour, la jeune femme se prend au jeu de la domination, du contrôle, de l’action. Le pouvoir rêve de l’action. L’amour puissant est une démonstration de la force qui surpasse nos idéologies primitives. A ce jeu, là il s’agit d’une belle mise en jambes pour un Certain Regard.

FICHE

Réalisation

Christophe Hochhäusler

Acteurs principaux Robert Hunger-Bühler, Nicolette krebitz

Scénario Ulrich Peltzer, Christoph Hochhäusler

Langue original Allemand

Pays d’origine Allemagne

Sortie 21 Octobre 2010




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