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DIMANCHE 16 MAI 2010
FESTIVAL CANNES 2010
RIZHAO CHONGQING de Wang Xiaoshuai
par NASSERA METMATI
Vu et revu. Entre vide sidéral et manque de culot sidérant, le film de Wang Xiaoshuai déçoit par un récit qui ne décolle jamais, qui manque cruellement de relief, et qui n’offre qu’un espace d’émotion béat.

L’antidote expérimental dépassé

Une prise d’otage dans un supermarché qui tourne mal, un fait divers, un fait de société loin des clichés de la prospérité sociale d’une grande puissance économique. Le point de départ du scénario de Wang Xiaoshuai ressemble à la codification classique déjà usité par le chef de file de la sixième génération Jia Zhangke. Une génération qui prend le relais de l’après révolution culturelle, celle qui expose la fragilité sociale d’un système mondialisé.

Après être repartie bredouille de Berlin à la présentation d’Une Famille Chinoise, le cinéaste dernier opus du réalisateur de Beijing Bicycle arpente un sentier hasardeux similaire au sein de la sélection officielle cannoise malgré un partère de stars. Nous retrouvons les jalons post-modernes représentatifs de la société chinoise, formidable laboratoire expérimental sur tout ce qu’on peut y dénoncer comme bipolarisation de deux mondes; à l’image de Lin do et de son ami Hao, la relation entre la jeunesse et l’autorité des pères n’invente rien de plus dans le discours de "Pater Familas en mal d’ascendance" (cf. Tokyo Sonata) .

L’imaginaire de Lin le repousse vers des instants d’enfances, séquences au cours desquelles il laisse entrevoir une détresse déjà présente chez le jeune Lin Do. Autant l’imaginaire sert dans une représentation imagé de la vie chez Still Life, autant hasardeux et coquets il dessert le film sans leitmotiv.

Une figure de style académique

La banalité frelaté du story board court malheureusement tout le long du film; après un exil en mer de six mois, Lin apprend la mort de son fils Lin Do à Chongqing au cours d’un braquage. Dans sa ville natale, Lin ronge son frein à comprendre le modus operandi responsable de la mort de son fils. Il rencontre le gardien du supermarché, son ami Hao, sa petite amie, interroge l’inspecteur de police ainsi que la jeune femme médecin prise en otage par le jeune garçon.

Malheureusement, la tragédie peine à prendre forme. Le récit patine avec la même litanie chiffrée; des pleurs feints mimés jusque dans les déformations des visages, des coups de colères, d’un regain de détresse notamment dans une scène ou le père cherche des réponses dans les pérégrinations du jeune Hao en boîte de nuit.

Ces attributs confèrent au film une déférence presque grotesque sur le traitement des personnages. Excepté dans une utilisation originale du procédé de l’enregistrement vidéo, Xiaoshuai ne regarde les êtres qu’au travers de jolies vignettes, dans une consommation inutiles de plans longs qui ne font pas sens. Jusqu’à final peu surprenant, la vie n’a pas toujours pas repris un autre chemin. Elle reste prisonnière du passé.

Fiche

Réalisation Wang Xiaoshuai
Acteurs principaux Wang Xueqi, Fan bingbing
Scénario Wang Xiaoshuai
Langue originale Mandarin
Pays d’origine Chine



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