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Sortie de la semaine
PRECIOUS de Lee Daniels
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mercredi
3
mars
2010
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par Frédéric Mercier
Adapté d'un roman de la poétesse new-yorkaise Sapphire, "Precious" est un mélo à oscars, une machine à tirer les larmes, une oeuvre lourde et misérabiliste. Et pourtant, c'est aussi un beau film, sauvé par son personnage principal, son interprète et... son mauvais goût.
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On a envie d'écrire sur Precious, ce mélo larmoyant qui arrive en France, précédé d'une réputation envieuse qui doit peut être beaucoup à sa productrice, la nabab Oprah Winfrey. Après avoir fait acheter des kilomètres de kleenex aux spectateurs de Sundance et de Cannes (le film fut présenté à la sélection Un Certain Regard), il débarque et, à vrai dire, il avait de quoi effrayer les coeurs secs, insensibles des citadins cyniques. Lee Daniels, cinéaste producteur spécialisé dans le social tire-lacrimal, nous conte ainsi les déboires d'une ado obèse de seize ans, mère des deux enfants de son propre père absent, battue et humiliée par sa mère. On vous cachera encore quelques horreurs de ce genre pour ne pas gâcher votre plaisir. Bref, Precious, analphabète de surcroît, est incapable d'exprimer ses souffrances autrement que par l'entremise d'une voix-off de très bon augure (une fois n'est pas coutume).
En effet, la gamine nous fait entendre ses incroyables pensées émaillées d'humour, de recul sur sa situation. Il faut l'entendre se moquer de sa prof lesbienne par exemple. De la même manière, elle passe ses mauvais moments à s'évader de la réalité en rêvant et en fantasmant: elle s'imagine en starlette adulée par le beau mec du quartier sur des podiums à paillettes. Visions foutraques et vulgaires, volontairement criardes, aux couleurs violentes comme des plateaux de sordides shows télés. C'est là où Precious décolle vraiment, en nous faisant partager ces visions comiques, bordéliques, presque cauchemardesques qui collent au personnage et permettent de briser un peu la façon dont le film empile les souffrances comme des séquences spectaculaires dans un film d'action.
L'actrice principale, Gabourey Sidibe joue à la perfection cette petite fille enfermée dans son univers mental, esclave muette des caprices de sa mère, punching ball à toutes ses frustrations. Le film n'épouse jamais un autre point de vue que le sien et colle à son personnage avec insistance. Cela crée une vraie intimité, souvent douce, chaude, protectrice et donne ainsi un ton singulier au film. Bien entendu, Lee Daniels propose une imagerie jolie pour conter ses mésaventures scolaires de son héroïne dans un Harlem de Walt Disney mais, Hollywood reste Hollywood, et Precious est déjà un assez beau personnage de cinéma pour que l'on ait envie de la suivre jusqu'au bout. Dans ses pérégrinations, elle fera la connaissance d'une bienveillante assistance sociale interprétée avec conviction par une Mariah Carey méconnaissable et Lenny Kravitz . Deux stars qui ont apporté leur soutien à ce film qui, faussement modeste, se donne des airs de petite chose et qui a remporté un franc succès aux USA et risque de créer la surprise aux Oscars, après avoir été déjà nominé dix fois. C'est l'ultime malheur que l'on souhaite à Precious.
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FICHE |
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Date de sortie cinéma : 3 mars 2010
Réalisé par Lee Daniels Avec Gabourey Sidibe, Mo'Nique, Paula Patton
Titre original : Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire Long-métrage américain. Genre : Drame Durée : 1h49 min Année de production : 2008 Distributeur : ARP Sélection
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