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Et dire qu’on a failli vous épargner Hors la loi ! Mais non, ici nous avons l’élégance d’attendre la fin du festival pour vous dire un mot du film qui aura fait prononcer le plus d’idioties. Ah, la France ! Ah, la Méditerranée, mer de légendes et d’histoires ! Mère de notre agriculture, de notre commerce, de nos villes, de nos mythes, de nos religions, de nos sciences, amie de notre oisiveté ! « Ah ! » ou bien « Oh ! » ? Car, de fait, les relations entre notre petit pays et les rives opposées ne sont pas simples.
Du reste, des deux côtés, dans un élan commun et confraternel, avec le même délice qu’un enfant empoignant une sucette sucrée, les journalistes se sont emparés du film de Rachid Bouchareb. Pas un jour ou presque sans que le journal El Watan mette en ligne de nouveaux commentaires sur un film que personne n’avait regardé. Dans ce bourdonnement aveugle et assourdissant, Samir Ardjoun a eu beaucoup de mérite à rédiger une critique à chaud du film qu’il a vu. Pour qui, comme moi, est tenu pour tout un tas de raisons bien loin des salles obscures des palais du festival, le critique d’El Watan présente succinctement le contexte de la filmographie française et algérienne sur la guerre d’Algérie. Il complète la perspective par une évocation de la trajectoire artistique de M. Bouchareb. C’est instructif.
Arrive ensuite le jugement, subtil, comme les couleurs de la surface de la mer. Pour résumer, Samir Ardjoun loue l’intention mais trouve la réalisation ratée. Disons que Rachid Bouchareb avait une magnifique possibilité cinématographique : comme la poésie d’Hugo au 19ème siècle pour les Français, son film pouvait réconcilier le légendaire et l’historique, dans une conception où c’est l’art (et non le délire politicien ou la seule science historique) qui construit le Vrai. Malheureusement, semble dire l’article, les séquences mélos, violonneuses, artificielles et didactiques sont trop nombreuses.
Maintenant que les médailles sont distribuées, il conviendra, pour apprécier tous ces dires, que chacun aille au cinéma et juge par soi-même. Où l’on en revient toujours à soi…
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