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FESTIVAL CANNES 2010
LES ÉTRANGERS DE CANNES (POST SCRIPTUM)
jeudi
27
mai
2010
par THOMAS DEMOULIN
Pendant cette quinzaine cannoise, cinema-take.com propose une petite revue de presse internationale. La France est un si petit pays… Heureusement, pour nous grandir, il y a la francophonie…
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GLOBAL TIMES
Le site chinois du Global Times (life.globaltimes.cn) permet de mieux faire connaissance avec l’équipe de Chongqing Blues et, notamment, avec son réalisateur Wang Xiashuai. Le cinéaste n’a pas eu à utiliser la langue de bois pour ce site anglophone. Il s’est livré (au sens figuré, normalement du moins) de son plein gré à Mao Renjie avant de grimper dans son avion pour la France.

Contrairement à ce qu’il entend dans les discours des médias nationalisés de son pays, qui montent en une patriotique épingle sa glorieuse présence à Cannes, Wang Xiashuai n’en espère quasiment aucune retombée commerciale positive pour son film au niveau local. Il a des mots assez durs à l’endroit de la situation culturelle en Chine ; écoutez plutôt : selon lui, le marché artistique de son pays a carrément désappris le goût du beau. L’industrie cinématographique privilégie les énormes superproductions depuis 2003. La conséquence est nette : c’est déjà toute la génération à venir dans les 20 prochaines années qui a la tête polluée par une société commerciale où la beauté classique et véritable n’est plus aimée.

Vue comme ça, les différences entre la Chine et le reste du monde sont tout à fait flagrantes, n’est-ce pas ? On se demande aussi qui est en retard sur qui…

Appartenant à ce que la critique appelle la 6ème génération, connue pour l’indépendance de son art, six des huit précédents films de Wang Xiashuai n’ont pu être projetés dans son pays. Il faut croire que les censeurs, avisés, avaient décidé qu’ils n’étaient pas assez bons. De quoi se plaint-on ? Heureusement que les autorités chinoises savent mettre en pratique ce qui est la fonction essentielle de toutes les autorités du monde : soumettre des populations à un ordre symbolique et apprendre aux bêtes gens que nous sommes que la culture, c’est toujours un Ministère qui la fait.

Du coup, seuls Shanghai Dreams (Prix du Jury à Cannes en 2005) et In Love we trust (Ours d’Argent du meilleur scénario en 2008 à Berlin) ont réussi à se tailler une petite part d’audience dans la 2ème puissance mondiale de la planète. Marx n’avait qu’à faire de la philosophie de l’art, tiens !
 
EL WATAN

Et dire qu’on a failli vous épargner Hors la loi ! Mais non, ici nous avons l’élégance d’attendre la fin du festival pour vous dire un mot du film qui aura fait prononcer le plus d’idioties. Ah, la France ! Ah, la Méditerranée, mer de légendes et d’histoires ! Mère de notre agriculture, de notre commerce, de nos villes, de nos mythes, de nos religions, de nos sciences, amie de notre oisiveté ! « Ah ! » ou bien « Oh ! » ? Car, de fait, les relations entre notre petit pays et les rives opposées ne sont pas simples.

Du reste, des deux côtés, dans un élan commun et confraternel, avec le même délice qu’un enfant empoignant une sucette sucrée, les journalistes se sont emparés du film de Rachid Bouchareb. Pas un jour ou presque sans que le journal El Watan mette en ligne de nouveaux commentaires sur un film que personne n’avait regardé. Dans ce bourdonnement aveugle et assourdissant, Samir Ardjoun a eu beaucoup de mérite à rédiger une critique à chaud du film qu’il a vu. Pour qui, comme moi, est tenu pour tout un tas de raisons bien loin des salles obscures des palais du festival, le critique d’El Watan présente succinctement le contexte de la filmographie française et algérienne sur la guerre d’Algérie. Il complète la perspective par une évocation de la trajectoire artistique de M. Bouchareb. C’est instructif.

Arrive ensuite le jugement, subtil, comme les couleurs de la surface de la mer. Pour résumer, Samir Ardjoun loue l’intention mais trouve la réalisation ratée. Disons que Rachid Bouchareb avait une magnifique possibilité cinématographique : comme la poésie d’Hugo au 19ème siècle pour les Français, son film pouvait réconcilier le légendaire et l’historique, dans une conception où c’est l’art (et non le délire politicien ou la seule science historique) qui construit le Vrai. Malheureusement, semble dire l’article, les séquences mélos, violonneuses, artificielles et didactiques sont trop nombreuses.

Maintenant que les médailles sont distribuées, il conviendra, pour apprécier tous ces dires, que chacun aille au cinéma et juge par soi-même. Où l’on en revient toujours à soi…

 



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LES ETRANGERS DE CANNES 3  (19/05/10)
LES ÉTRANGERS DE CANNES 2  (16/05/10)
LES ETRANGERS DE CANNES  (10/05/10)
 
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