accueil cinema-take : critiques de films et sorties cinéma

MURNAU, MALICK, BERTHOMIEU ET THOMAS
MARDI 7 JUIN 2011
De tous les événements éditoriaux qui scandent l'actualité de la littérature cinématographique, sans doute aucun livre ne peut rivaliser en terme d'ambitions et de complétude avec les deux tomes consacrés par Pierre Berthomieu à l'esthétique hollywoodienne. Fondée sur une analyse hégelienne des divers carcans de l'imagerie fondée par l'industrie du rêves, en déjà 1500 pages , l'enseignant et collaborateur de Positif tente de comprendre la lente gestation d'une certaine esthétique du XXème siècle. Berthomieu a déjà promis, sans doute pour l'année prochaine, un troisième volet à sa saga.

C'est en parcourant ce monumental ouvrage, entreprise délirante que je suis tombé sur une présentation de L'Aurore de Murnau qui a particulièrement retenu mon attention. Il se trouve que j'ai pu lire ces lignes au moment où mon ami et collaborateur depuis toujours à Cinema-take, Thomas Demoulin, s'apprête à éditer ici son poème et ode à Tree Of Life de Terence Malick.

Je ne peux donc résister au plaisir de retranscrire ces lignes, autant pour vous qui nous suivez et savez depuis Cannes l'admiration que nous éprouvons pour la 64ème Palme d'Or que pour Thomas et son magnifique travail.

Ces lignes sont donc piochées dans un chapitre du premier tome de l'ouvrage de Berthomieu et intitulé: L'Aurore Et Le Cinéma Total:

L'Aurore rassemble la fascination du monde moderne et les valeurs du monde ancien, synthétise les grandes tendances plastiques et rythmiques dans une forme audacieuse qui fait ressentir, autour des personnages, la respiration de l'univers. (...) Son réalisme cosmique donne naturellement l'impression qu'il réunit toutes les possibilités du cinéma pour une "petite histoire" où le spectateur sent l'univers se mettre en ordre. Il y a dans le récit de L'Aurore l'histoire d'un péché et d'une rédemption. L'homme est attiré par les forces de la sensualité, de la terre et de la mort. Face aux pulsions, l'épouse incarne la pureté spirituelle et le rachat. (...) L'élan romantique empêche le symbolisme de se figer. Personnages et événements sont montrés en relation avec l'univers, le traitement de l'individu vise à une universalité absolue. Aucun nom. Chacun est une démarche, un ensemble de pulsions, un degré de lumière, un regard, un archétype. Un cinéma total. Face aux oeuvres l'idée même finit par paraître étroite et suffisante."

Bref, si vous ne l'avez pas encore compris, je vous invite autant à lire Le Temps des Géants et Le Temps des Voyants de Pierre Berthomieu chez Rouge Profond que le texte de Thomas sur Tree Of Life. Et si vous ne l'avez pas encore fait, à aller voir et revoir le chef d'oeuvre de Terrence Malick.


édito de Frédéric Mercier
AJOUTEZ VOTRE COMMENTAIRE


ÉDITOS RÉCENTS
TOUS LES ÉDITOS