C'est donc Tim Burton qui succédera à Isabelle Huppert pour présider le prochain Festival de Cannes qui débutera le 12 mai prochain. Il semblerait que l'année 2010 soit l'année de la super consécration du créateur d'
Edward aux mains d'argent. Non pas de ces titres qui un temps vous anoblissent jusqu'à être remplacé par le nouveau jeune qui semble compétent. Non, il s'agit là de couronner un homme qui définitivement aura marqué son époque. Voyez comme le trublion d'hier des studios Disney expose actuellement son univers au MOMA de New York, voyez comme il fait paraître un livre d'entretiens préfacé par son copain Depp, voyez comme les monographies de plus en plus abondent autour de sa filmographie, voyez enfin comme son prochain
Alice au pays des merveilles est annoncé comme l'événement de la fin de l'hiver. C'est peut être en effet cela qu'il aura apporté à l'imaginaire occidental: faire rimer l'angoisse, le sang et la solitude avec les joies des premiers bourgeons, réconcilier le sordide et l'allégresse toute simple des petites choses tant vantées par nos contemporains qui craignent désormais d'aborder les grands sujets.
L'époque est à l'ironie: trop d'images, trop de clichés, trop de tout pour que trop de cinéastes osent affronter le réel sans gants, sans cette attitude
camp qui a pu faire la joie des cinéphiles dans les années 60/70 quand la sphère médiatique n'avait pas encore totalement explosé. Burton, lui, avec ses bouts de ficelle, ses monstres demeurés, ses personnages bizarres, a réussi à parler de la mort, de la vengeance, de l'amour, bref des grands sujets sans trop tourner le monde en dérision. C'est peut être aussi cela que Gilles Jacob et Thierry Frémaud ont voulu mettre en avant tout en choisissant le plus populaire des auteurs contemporains: un classique dissimulé derrière des créatures mythiques.
Gageons que ce cinéaste né à Burbank, pas loin d'Hollywood, et possédant selon Jonnhy Depp "une connaissance abyssale..." du cinéma, se montrera moins partisan que son prédécesseur.