En ouverture de la compétition dite Un certain regard avait été présenté cette année à Cannes On ne sait rien des chats persans de Bahman Ghobadi. Nous avons écrit sur Cinema-take.com combien nous avions été sensibles à l'énergie et à la spontanéité de ce film musical qui dépeint une jeunesse iranienne ouverte à l'Occident et désireuse de s'affranchir d'un système théocratique obsolète.
En mars dernier, nous avions pu également voir le film documentaire de Bani Khoshnoudi A people in the shadows, un voyage au coeur d'un étonnant Téhéran porté par une nouvelle génération forcée de se cacher pour écouter de la poésie et rêver à son avenir.
Un certain cinéma indépendant iranien a toujours existé depuis la Révolution, depuis que le système a fondu sur la production, imposant des mesures sévères de contrôle de production et de censure. Au moment de la Révolution, 250 cinémas avaient été brûlés. Depuis, on a créé des salles divisées en deux travées, avec d'un coté les hommes et de l'autre, les femmes. Un contrôleur surveille le bon déroulement des séances selon les principes de chartes religieuses, une salle de prière est également nécessaire.
Seul le cinéma anticonformiste iranien, celui d'une future révolution, celui qui use des formes documentaires pour raconter en fiction la difficulté de vivre dans ce pays, nous parvient chaque année et souvent nous éblouit par ses audaces politiques et formelles. Abbas Kiarostami, chef de file de ce mouvement, a même été invité cette année pour une exposition à Pompidou. C'est dire la radicalité de ce cinéma qui en inventant un avenir hypothétique à l'Iran, réinvente un probable cinéma de demain. Pour certains cinéastes iraniens, penser l'avenir passe par une reformulation des différentes imageries.
Lorsque Les chats persans a été projeté à Cannes cette année, nous avons eu la joie de pouvoir nous entretenir avec l'acteur Hamed Behdad, symbole dans le film de l'espoir et de l'optimisme d'une jeunesse que l'on pourrait croire désabusée. A l'occasion de la sortie, encore reportée du film, nous publierons l'intégralité de cet entretien. Après la victoire contestée dimanche de Mahmoud Ahmadinejad, nous espérons seulement que ce film débordant d'énergie, sans aucune violence, sortira vite sur les écrans du monde entier pour témoigner de l'ouverture de la jeunesse iranienne actuelle.
