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SAMEDI 12 DÉCEMBRE 2009
RÉÉDITION
A SWEDISH LOVE STORY
de Roy Andersson
par Frédéric Mercier
Grâce à Solaris Distribution, le premier long métrage ensoleillé de Roy Andersson ("Chansons du deuxième étage"; 2000) est enfin visible. Le film, semblable au visage de ses deux magnifiques héros immortalisés sur la pellicule, n'a pas pris une ride.
DANS CE DOSSIER

DISTRIBUTION DES ROLES ET DES AGES

Dès les premières séquences du film, Andersson distribue les rôles et le ton du film. La scène se passe dans les jardins d'une maison de retraite en plein été nordique. Les familles venues voir leurs aïeux sont attablées. La scène familière, naturaliste, lyrique fait référence explicitement à "Les fraises sauvages" de Bergman, autre film suédois sur le temps qui passe, le temps des regrets et des amours perdus. Ici, tous les âges de la vie sont représentés. Chaque personnage joue son rôle dans la communauté. Au milieu d'eux, deux adolescents s'écartent un instant, le temps d'un regard, du groupe. Roy Andersson sépare les individus. Le film va alors se dédoubler. Il y aura l'histoire d'un amour naissant, raconté avec une délicatesse rare. Et le récit des parents, marqué par le regret et la tristesse. La conclusion du film est donnée dès ces premières séquences lorsque le plus vieux membre de la famille hurle aux siens qui déjà n'écoutent plus: "La vie n'est pas faite pour la solitude".

Les deux jeunes héros du film vont devoir affronter leur rêve comme leurs parents ont déjà échoué dans leurs tentatives. Le gamin se prend pour Marlon Brando, tente de lui ressembler, s'affuble d'un blouson de cuir et mime la virilité devant son miroir. Tiendra-t-il son rôle devant la belle dont il désire dérober le coeur? Dès les premières séquences du film, le rêve est confronté à la réalité rude et cruelle. Il arpente le bitume au volant de sa pétrolette aux formes d'une Harley Davidson tandis qu'un cycliste le double. "A swedish love story" va raconter, du coté des enfants, combien en s'isolant du monde des adultes, ils réussissent à faire d'un rêve d'amour leur réalité.

DU TEMPS QUI PASSE

De l'autre côté, les adultes jouent aussi à leur manière mais un jeu autrement plus cruel. Le monde des adultes ressemble à celui d'une communauté qui a tout ritualisé. Un jeu de fléchettes anodin se transforme en défi personnel. La fabrication d'une porte prend des allures de démonstration de ses propres facultés manuelles. Une histoire drôle lors d'un dîner affirme la puissance des uns sur les autres. En fait, les adultes de ce film passent leur temps à se justifier, à force de se regarder en dedans. Contrairement aux deux magnifiques adolescents, ils ne réussissent jamais à vivre l'instant présent. Ils sont sans cesse prisonniers de représentations d'eux-mêmes, des autres, ou de leur rêve qui les rendent tyranniques vis à vis des autres et d'eux-mêmes.

"A swedish love story" vante et montre la fugacité des moments de joie semblables à cet été caniculaire. Rarement il aura été prouvé au cinéma combien le bonheur existe, se mérite et file à toute vitesse. Or les enfants du film n'éprouvent jamais que la durée des choses, la durée d'une attente. Jamais ils ne passent, comme les adultes, à coté du temps qui passe. Comme lors de cette séquence inoubliable où la jeune fille attend son ami, le voit arriver dans les rues au volant de sa pétrolette qui, cette fois-ci, double le cycliste.

Lors d'une scène finale d'anthologie, les groupes se resserrent, les communautés se lient, les âges partagent un même espace commun le temps de la fameuse fête estivale des écrevisses. Les adultes sont ainsi renvoyés à leur puérilité tandis que les enfants prennent encore le temps de s'isoler. Cette scène admirable lie enfin les deux films, les deux groupes qu'Andersson avait séparés lors de la première scène. Les tons se mêlent et le lyrisme des désirs adolescents se joint à la cruauté compétitive du monde des adultes. Le film tourne alors à l'ironie macabre.

"A swedish love story", par l'utilisation de sa musique sereine, son son direct, sa suavité, et la lumière diaphane du soleil du nord, ressemble à une chanson douce et cruelle de Serge Gainsbourg interprétée par la langue mouillée et qui claque contre le micro de Jane Birkin.

FICHE TECHNIQUE

Réalisé par Roy Andersson
Avec Ann-Sofie Kylin, Rolf Sohlman, Bjorn Andresen .
Film suédois.
Genre : Drame
Durée : 1h 55min.
Année de production : 1969
Titre original : En Kärlekshistoria
Distribué par Solaris Distribution

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COMMENTAIRES DES INTERNAUTES

audrey
« Idem que JULIEJULIE, j'ai une énorme envie de regarder ce film, mais je connais pas un mot de suédois, j'aimerais donc le trouvé en VOSTFR !... (audrey.letesson@laposte.net) »
28 décembre 2010
cinematake
« je crois qu'il n'y a rien à faire. A la limite, tente de joindre n'importe comment Solaris distribution puisque ce sont eux qui l'avaient distribué je crois. En plus, ils sont sympathiques! »
02 décembre 2010
juliejulie
« Aidez-moi.... Je cherche désespérément ce film; sans succès ! Il n'est pas sortit en France, comme tout les site peuvent nous le dire. Il n'est pas non plus sortit en Français, mais je pense qu'il existe en VOST.... Je ne le trouve pas, svp, aidez moi. »
02 décembre 2010
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